Alors que le débat autour du financement du transport collectif au Québec fait rage, une nouvelle étude du Centre sur la productivité et la prospérité – Fondation Walter J. Somers (CPP) révèle que les sociétés de transport collectif québécoises pourraient atténuer la pression sur le financement de leurs opérations en améliorant leur efficacité.

En s’appuyant sur des données provenant de 23 sociétés de transport collectif canadiennes ayant répondu favorablement aux demandes d’accès à l’information, les chercheurs du CPP ont identifié une importante faille dans l’efficacité opérationnelle des organisations qui desservent les territoires de Montréal, Laval, Québec, Longueuil et Gatineau : « L’analyse des données compilées démontre que l’espace budgétaire accaparé par les charges d’administration est nettement plus important au Québec, explique Robert Gagné, directeur du CPP et coauteur de l’étude. À terme, une part disproportionnée du budget des sociétés québécoises est ainsi dirigée vers des activités qui ne servent pas directement l’offre de transport, ce qui tend à réduire leur productivité et à alourdir inutilement leurs dépenses d’exploitation ».

Tandis que des efforts d’optimisation pourront bel et bien atténuer la pression sur le financement des activités de transport collectif, les chercheurs estiment que le gouvernement devra lui aussi mettre l’épaule à la roue : « Au fil du temps, le gouvernement a complexifié sa structure de financement en multipliant indûment les sources de financement offertes aux sociétés de transport collectif, affirme Jonathan Deslauriers, coauteur de l’étude. Non seulement devient-il difficile d’établir un cadre financier stable et prévisible à travers le temps, mais l’ensemble du processus perd en efficacité en multipliant les passages à travers l’appareil gouvernemental, et en surtaxant les charges d’administration des sociétés de transport ».

Pour éviter que les usagers ne soient à nouveaux pris en étau, les chercheurs recommandent par ailleurs au gouvernement du Québec d’implanter un processus de reddition de compte rigoureux : « Le gouvernement du Québec fait aujourd’hui face aux conséquences de son laxisme, explique Robert Gagné. Fautes de données probantes, l’appareil gouvernemental n’est tout simplement pas en mesure d’évaluer la performance des sociétés de transport qu’il finance, et encore moins de déterminer comment elles devraient agir pour réduire la pression sur le financement de leurs opérations. Dans un tel contexte, on ne doit pas se surprendre de la piètre qualité du débat public qui entoure la question ».


Pour en savoir davantage : Deslauriers, Jonathan, Robert Gagné, Anne-Gabrielle Gendron et Jonathan Paré, Financement du transport collectif : des efforts d’optimisation s’imposent de part et d’autre, Centre sur la productivité et la prospérité (CPP) – Fondation Walter J. Somers, HEC Montréal, Novembre 2023