Alors que le gouvernement du Québec planifie de réaliser des projets de transport collectif d’envergure dans les prochaines années, un rapport du Centre sur la productivité et la prospérité Fondation Walter J. Somers (CPP) publié aujourd’hui démontre que les dizaines de milliards de dollars investis ne sont pas toujours pleinement justifiés et que ces projets ne sont pas conformes aux meilleures pratiques reconnues mondialement.

« Plusieurs grands projets de transport collectif au Québec connaissent des ratées importantes en raison d’enjeux de gouvernance et d’un manque de planification, affirme Jacques Roy, professeur titulaire au département de gestion des opérations et de la logistique à HEC Montréal et auteur de l’étude. Que ce soit à Montréal, à Québec ou à Gatineau, les Québécois sont en droit de s’inquiéter. On peut d’ailleurs penser au projet du REM dont la première phase a été livrée avec trois ans de retard et des coûts évalués à près de 8 milliards de dollars, soit 45 % de plus que ce qui avait été prévu initialement. »

Bien que le gouvernement du Québec ait déjà annoncé son intention de créer une agence afin de gérer l’exécution des grands projets de transport collectif, l’auteur s’interroge sur le fonctionnement de cette dernière. « L’agence suscite l’espoir de plusieurs intervenants. Toutefois, il faut être prudent. On risque fort de retrouver la même équipe d’experts qui planchent sur les projets en cours sans parvenir à livrer la marchandise. », explique Jacques Roy.

Au rythme auquel les coûts des projets de transport collectif augmentent à travers le monde, il devient urgent de chercher à réduire les montants de tels projets en s’inspirant des meilleures pratiques. Parmi les pistes de solution avancées dans l’étude, le chercheur de HEC Montréal met de l’avant l’obligation d’améliorer les premières phases du projet, soit le lancement et la planification, puis d’agir plus rapidement lors de l’exécution afin de limiter les risques d’explosion de coûts.

« Au Québec, on ne semble pas en mesure d’identifier correctement les besoins en amont, et c’est là où le bât blesse. Prenez par exemple le 3e lien à Québec. On a abandonné l’idée après avoir proposé différents moyens de relier les deux rives sans toutefois publier les études pouvant démontrer la nécessité d’entreprendre un tel projet. », illustre Jacques Roy.


Pour en savoir davantage : Roy, Jacques, Coût des projets de transport collectif au Québec : peut-on faire mieux ?, Centre sur la productivité et la prospérité (CPP) – Fondation Walter J. Somers, HEC Montréal, Mars 2024