Alors que les précédentes éditions du Palmarès des municipalités du Québec révélaient une progression préoccupante des dépenses municipales, il semble que cette tendance à la hausse se soit estompée au cours de 2014, année qui a marqué l’entrée en fonction des maires élus ou réélus aux dernières élections municipales de 2013. Voilà le principal constat tiré du Palmarès des municipalités du Québec 2016 réalisé par le Centre sur la productivité et la prospérité (CPP) de HEC Montréal. Cette analyse permet de mieux suivre l’évolution des dépenses municipales entre 2009 et 2014 et d’en dégager les grandes tendances.

Un contrôle possible

Ainsi, alors qu’entre 2010 et 2013, la croissance annuelle moyenne des dépenses municipales par habitant (6 %) a été deux fois plus rapide que celle des dépenses de l’administration provinciale (3 %), et trois fois plus rapide que l’inflation (1,9 %), ce pourcentage s’est établi à 0,9 % en 2014. « Ce revirement majeur démontre que les municipalités du Québec sont bel et bien en mesure d’exercer un contrôle sur leurs dépenses et ce, peu importe leur taille », observe Robert Gagné, directeur du CPP.

Au cours du dernier exercice financier, certaines municipalités ont même enregistré une croissance négative de leurs coûts. C’est notamment le cas des groupes représentant les municipalités de 10 000 à 24 999 habitants (-1,6 %), de 50 000 à 99 000 habitants (-0,5 %) et de 100 000 habitants et plus (-1,3 %). « Pour l’ensemble des municipalités de 100 000 habitants et plus, cette baisse se traduit par une économie globale – et substantielle – de 98 millions de dollars, ce qui correspond à une moyenne d’environ 50 $ par habitant », précise le directeur. Rappelons qu’à elles seules, les dix plus grandes villes du Québec représentent près de 50 % de la population de la province.

« Par ailleurs, l’analyse nous apprend qu’il n’existe pas de corrélation entre l’arrivée d’une nouvelle administration et un meilleur contrôle des coûts, précise Robert Gagné. Ainsi, nous observons que la croissance des dépenses a été moindre, peu importe si le maire sortant a été réélu ou non. Cela dit, il y a fort à parier que les élections proprement dites aient joué un certain rôle sur leur progression. Ainsi, lors du dernier mandat de quatre ans, c’est au cours de la première année, soit en 2010, que la croissance des dépenses a été la plus faible. Or, dans un tel contexte, une vigilance est souhaitable pour éviter que le scénario ne se répète dans les années à venir. »

Pour parcourir le Palmarès des municipalités du Québec, consultez notre Outil interactif.

Pour connaître l’origine de la croissance des dépenses dans votre ville, consultez le fascicule Comprendre l’évolution des dépenses municipales.

Pour connaître les principales tendances en matière de dépenses municipales au Québec, consultez le fascicule Tendances et perspectives.

Pour connaître le fonctionnement du Palmarès des municipalités du Québec, consultez la Méthodologie.