Nous étudions dans ce rapport le rôle de la réallocation de la main-d’œuvre dans la croissance de la productivité du travail pour le secteur manufacturier au Canada. Nous trouvons que la réallocation de la main-d’œuvre y joue un rôle plutôt limité, la plus grande part de la croissance de la productivité venant d’améliorations de la productivité au sein de l’entreprise, sans que des mouvements de main-d’œuvre soient impliqués. Cependant, au fil du temps, nous constatons tout de même une augmentation de la contribution de la réallocation de la main-d’œuvre, à la fois à travers une contribution accrue de l’effet net d’entrée (c’est-à-dire la contribution à la croissance de la productivité par la création/destruction d’entreprises) et de l’effet inter-firmes. En effet, ces contributions sont nettement plus importantes durant la période post-2000 que durant les années 1990. Nous trouvons aussi qu’auparavant, la production perdue par les entreprises qui disparaissaient était remplacée par celle d’entreprises nouvellement créées, alors que maintenant, cette production est plus susceptible d’être remplacée par la production d’entreprises existantes.

 

Bérubé, Charles, Benoit Dostie et Lars Vilhuber. Estimation de la contribution de la réallocation de la main-d’œuvre à la croissance de la productivité au Canada, Centre sur la productivité et la prospérité, HEC Montréal, septembre 2013.